10 ans de marché immobilier : Retour sur une décennie de transformations immobilières au Québec
- Jean-Philippe Auclair

- 12 déc. 2025
- 3 min de lecture
Qu’est-ce qui a changé dans le marché immobilier depuis 2015? Beaucoup plus qu’on pense. En 10 ans, les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière ont traversé des phases intenses : marché d’acheteurs, pandémie, explosion des prix, et maintenant un rééquilibrage. Voici un survol clair, appuyé sur les chiffres, pour comprendre où on en est — et où on s’en va.

Une décennie en 4 grandes phases
1. 2015 à 2017 : Le marché des acheteurs
Durant ces années, le marché était relativement calme et favorable aux acheteurs. On comptait souvent plus de 16 000 inscriptions en vigueur, les maisons prenaient plus de 110 jours à se vendre, et de nombreuses inscriptions expiraient faute d’acheteurs. Le prix médian oscillait autour de 230 000 $. Les vendeurs devaient être patients… ou flexibles sur leur prix.
2. 2018 à 2019 : La transition vers un marché de vendeurs
À mesure que l'inventaire diminuait (jusqu’à 9 000 inscriptions en vigueur), la dynamique changeait. Les maisons se vendaient plus rapidement, souvent en moins de 100 jours. Le prix médian grimpait doucement, passant de 250 000 $ à environ 280 000 $. Ce tournant annonçait un marché plus compétitif.
3. 2020 à 2022 : La période folle
Avec la pandémie, les taux d’intérêt historiquement bas et une demande massive, le marché est passé en mode turbo. Les ventes mensuelles atteignaient des sommets, parfois avec moins de 4 000 propriétés disponibles. Le prix médian a bondi de 300 000 $ à plus de 500 000 $ en moins de deux ans. Le tout dans des délais de vente autour de 30 jours. Une période marquée par les offres multiples, les surenchères et une rareté sans précédent.
4. 2023 à 2025 : Retour à l’équilibre... mais pas comme avant
Depuis la hausse des taux, le marché s’est modéré. Les inscriptions sont remontées autour de 6 000, les délais de vente oscillent entre 45 et 70 jours, et le prix médian se stabilise autour de 500 000 $. On n’est plus dans l’exubérance de 2021, mais pas non plus dans la lenteur de 2015. Le marché s’est ajusté à une nouvelle réalité : plus de négociation, des conditions qui reviennent, et des vendeurs qui doivent désormais bien se positionner.
Ce que les chiffres nous révèlent
📉 L’inventaire, nerf de la guerre
En 2015, on parlait de 10-11 mois d’inventaire. En 2021, c’était tombé à 1,5 mois. Aujourd’hui, on oscille entre 3,5 et 4 mois. Cela garde une pression sur les prix, même si la demande est plus calme.
⏱️ La rapidité est devenue la norme
Le temps moyen pour vendre est passé de plus de 110 jours à une norme située entre 40 et 60 jours. Même avec des taux plus élevés, les maisons bien positionnées se vendent rapidement.
📊 Le prix médian a doublé
De 227 000 $ en 2015 à plus de 540 000 $ en 2025. Deux grandes vagues : une première montée douce entre 2015 et 2019, suivie d’un saut spectaculaire entre 2020 et 2022.
Que peut-on prévoir pour les prochaines années?
Des prix stables ou en légère croissance : les hausses rapides sont derrière nous, mais un retour aux prix de 2015 est hautement improbable.
Un marché équilibré, exigeant : les acheteurs reprennent du pouvoir, mais les vendeurs restent en position de force... s’ils ont une stratégie intelligente.
Plus de friction : les conditions reviennent, les inspections sont plus sérieuses, et les propriétés mal positionnées expirent.
Changement de mentalité chez les vendeurs et acheteurs
Les références psychologiques ont bougé. Les vendeurs visent 500 000 $ comme une nouvelle base, tandis que les acheteurs comparent aux sommets de 2021. Résultat : un marché où la stratégie et le réalisme sont essentiels.
En résumé
✅ Le marché est beaucoup plus sain qu’en 2015
✅ Il est plus stable qu’en 2021
✅ Il est plus exigeant qu’en 2019



